Les cheveux humains sont très chargés de symbole. Ils incarnent la force vitale. Chez la femme, ils symbolisent la puissance de la séduction ; chez l'homme, ils révèlent la virilité, la force. A contrario, leur absence est toujours la marque d'une faiblesse. On rase ceux des femmes qu'on veut punir d'avoir collaboré avec l'ennemi, et ceux des hommes en signe de soumission… à l'autorité militaire ou à Dieu ! Ils sont aussi trophées de guerre chez certains peuples.

De tous temps, les hommes et les femmes ont recouru à des perruques pour marquer leur statut social, leur appartenance à une corporation, ou compenser une faiblesse capillaire. Elles apparaissent ainsi dès l'Antiquité. C'est Louis XIII, à cause de sa calvitie, qui va rendre la perruque à la mode à la cour du Roi de France. Toutes les fantaisies sont permises : la perruque est poudrée, colorée, parfumée. Les barbiers créent les chevelures les plus exubérantes. Le règne de Louis XV marque l'apogée de la perruque en France.

Les cheveux sont le plus souvent naturels, mais on recourt aussi à moindre coût à la crinière du cheval ou au poil des chèvres ! Certaines perruques bon marché sont même en laine…

Et puis la Révolution française arrive. La perruque passe à la trappe, comme bien des têtes - royales ou non. Elle réapparaîtra quelque temps plus tard. Mais à partir du début du 20è siècle, les guerres successives la font passer de mode. On porte plus volontiers le cheveu court. Foin d'artifices ! La mode des cheveux longs revient après Mai 1968, en signe de révolte, mais ne s'accompagne pas d'un regain de faveur pour la perruque. L'authenticité est dans l'air du temps !

Aujourd'hui, la perruque se veut discrète. Elle doit être indétectable. Comme depuis l'origine, elle a vocation à renforcer le pouvoir de séduction des femmes ou à masquer les pertes de cheveux.

Découvrez bientôt ici la grande saga de la perruque, laquelle, au poil près, se confond avec celle de la coiffure.

CJ